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Tribunale federale
Tribunal federal
 
{T 0/2}
8C_190/2007
 
Arrêt du 25 juin 2007
Ire Cour de droit social
 
Composition
MM. et Mme les Juges Ursprung, Président,
Widmer et Frésard.
Greffière: Mme Berset.
 
Parties
C.________,
recourant,
 
contre
 
Caisse cantonale de chômage, Agence de la Côte, route de St-Cergue 48 A, 1260 Nyon,
intimée.
 
Objet
Assurance-chômage,
 
recours contre le jugement du Tribunal administratif du canton de Vaud du 29 mars 2007.
 
Faits:
A.
Par contrat du 18 décembre 2001, C.________ a été engagé à une date à convenir par les parties, mais au plus tard le 1er mars 2002, en qualité de fondé de pouvoir par la société G.________ SA.
 
Au cours de l'année 2004, la société G.________ SA a fusionné avec les sociétés A.________ SA et O.________ SA pour donner naissance à une nouvelle entité, S.________ SA. Le 13 septembre 2004, S.________ SA a informé l'employé qu'elle avait repris l'ensemble des contrats de travail des collaborateurs des trois sociétés concernées par le regroupement.
 
Par lettre du 13 décembre 2005, S.________ SA a déclaré à C.________ que lors de l'intégration officielle du personnel des trois sociétés en juillet 2004, elle avait convenu, à bien plaire, de maintenir exceptionnellement les avantages sociaux (assurances, cotisations personnelles etc.) dont il bénéficiait chez G.________ SA, pour les années 2004 et 2005. Elle l'a informé qu'à partir du 1er janvier 2006, tout son personnel était assujetti aux mêmes contrats et déductions sociales pour les assurances.
 
Par courriel du 29 janvier 2006, adressé aux deux directeurs de S.________ SA, C.________ a exposé que des déductions nouvelles avaient été opérées sur son salaire en janvier 2006 en relation avec les cotisations des assurances-maladie et accidents ainsi que de la prévoyance professionnelle. Il en résultait une diminution de son salaire mensuel de 407 fr. 80 ou de 5'083 fr. 60 par an. Ce procédé équivalait à une modification unilatérale de son contrat de travail. Il rappelait également qu'il avait suggéré au cours de l'année 2004 de résilier les contrats de travail conclus avec les anciennes sociétés regroupées et d'en conclure de nouveaux avec S.________ SA, mais qu'il n'avait pas été suivi sur ce point.
 
Le 30 janvier 2006, S.________ SA a signifié à C.________ la résiliation de son contrat de travail pour le 30 avril 2006 en précisant que l'employé allait recevoir sous peu un nouveau contrat de travail.
 
Par courrier du 22 février 2006, S.________ SA a pris acte du fait que l'employé n'avait pas l'intention de signer le nouveau contrat qui lui a été soumis le 8 février 2006 et précisé que les rapports de travail prendraient fin le 30 avril 2006.
 
C.________ a demandé à bénéficier des indemnités de chômage. Un délai-cadre d'indemnisation lui a été ouvert du 1er mai 2006 au 30 avril 2008.
 
Par décision du 20 juin 2006, la Caisse cantonale de chômage du canton de Vaud (ci-après: la caisse) a suspendu l'assuré dans l'exercice de son droit à l'indemnité de chômage pour une durée de seize jours dès le 1er mai 2006, au motif qu'il avait perdu son emploi par sa propre faute. Le 23 juin 2006, C.________ a formé opposition à cette décision. Par décision du 29 novembre 2006, la caisse a rejeté l'opposition de l'assuré.
B.
C.________ a recouru contre la décision du 29 novembre 2006. Statuant le 29 mars 2007, le Tribunal administratif du canton de Vaud a rejeté son recours.
C.
Par mémoire du 27 avril 2007, C.________ a recouru au Tribunal fédéral en concluant à l'annulation du jugement cantonal et à ce qu'aucune suspension de son droit à l'indemnité ne soit prononcée à son égard.
 
Considérant en droit:
1.
L'arrêt attaqué ayant été rendu après l'entrée en vigueur de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF; RS 173.110), la procédure est régie par le nouveau droit (art. 132 al. 1 LTF).
2.
L'intéressé n'a pas indiqué par quelle voie de recours il procède au Tribunal fédéral, mais cette imprécision ne saurait lui nuire si son recours remplit les conditions légales de la voie de droit qui lui est ouverte, soit du recours en matière de droit public, puisque le présent recours intervient dans un litige en matière de chômage (cf. art. 82 lettre a LTF).
3.
Le Tribunal fédéral conduit son raisonnement juridique sur la base des faits établis par l'autorité précédente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en écarter que si les faits ont été établis de façon manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF). La partie recourante qui entend s'écarter des constatations de l'autorité précédente doit expliquer de manière circonstanciée en quoi les conditions d'une exception prévue par l'art. 105 al. 2 LTF seraient réalisées, faute de quoi il n'est pas possible de tenir compte d'un état de fait qui diverge de celui contenu dans la décision attaquée (cf. ATF 130 III 138 consid. 1.4 p. 140.
4.
Le litige porte sur la suspension du droit de l'assuré à l'indemnité de chômage pour une durée de seize jours.
5.
Les premiers juges ont exposé correctement les règles relatives à la suspension du droit à l'indemnité lorsque l'assuré est sans travail par sa propre faute (art. 30 al. 1 let. a LACI), la notion de chômage imputable à une propre faute de l'assuré (notamment, art. 44 al. 1 let. b OACI), ainsi que la durée de la suspension en fonction du degré de la faute (art. 30 al. 3 en relation avec l'art. 45 al. 3 OACI). Il suffit d'y renvoyer.
6.
6.1 Il est constant que S.________ SA a résilié le contrat de travail (du 18 décembre 2001) avec effet au 30 avril 2006, avec l'intention de conclure un nouveau contrat à partir de cette date. Le recourant ne conteste pas avoir refusé de signer le nouveau contrat qui lui a été proposé en février 2006. Il ne saurait dès lors s'exonérer de sa faute que si on ne pouvait exiger de lui qu'il conservât son emploi auprès de S.________ SA.
6.2 Selon la jurisprudence, il y a lieu d'admettre de façon restrictive les circonstances pouvant justifier l'abandon d'un emploi (DTA 1989 n° 7 p. 88 consid. 1a et les références; voir également ATF 124 V 234). Des désaccords sur le montant du salaire ou un rapport tendu avec des supérieurs ou des collègues de travail ne suffisent pas à justifier l'abandon d'un emploi. Dans ces circonstances, on doit, au contraire, attendre de l'assuré qu'il fasse l'effort de garder sa place jusqu'à ce qu'il ait trouvé un autre emploi (SVR 1997 AlV n° 105 p. 323 consid. 2a; DTA 1986 n° 23 p. 90 consid. 2b). Par contre, on ne saurait en règle générale exiger de l'employé qu'il conserve son emploi, lorsque les manquements d'un employeur à ses obligations contractuelles atteignent un degré de gravité justifiant une résiliation immédiate au sens de l'art. 337 CO (Charles Munoz, La fin du contrat individuel de travail et le droit aux indemnités de l'assurance-chômage, Lausanne 1992, p 182; Thomas Nussbaumer, Arbeitslosenversicherung, in: Schweizerisches Bundesverwaltungsrecht [SVBR], Soziale Sicherheit, 2ème édition, no 832; Boris Rubin, Assurance-chômage: Droit fédéral, survol des mesures cantonales, procédure, 2ème édition, ch. 5.8.11.5.4, p. 442).
6.3 En l'espèce, on doit retenir que même si le recourant était en désaccord avec la direction de S.________ SA sur le montant de son nouveau salaire ainsi que sur les nouvelles méthodes de la direction (qui auraient, notamment, entraîné le départ de plusieurs collaborateurs), ces motifs ne sont pas suffisants, au regard de l'assurance-chômage, pour justifier son refus de signer le nouveau contrat de travail proposé par l'employeur. Ainsi que l'ont retenu les premiers juges, mise à part la suppression de certains avantages sociaux, ce contrat maintenait le recourant dans ses fonctions antérieures avec des conditions salariales comparables. Par ailleurs, même si l'on peut admettre que le recourant ait souffert d'un certain manque de considération de la part de S.________ SA, ce fait n'était pas de nature à justifier qu'il renonçât, sans garantie d'un nouvel emploi, à signer le nouveau contrat proposé en février 2006. Enfin, la circonstance que le recourant a retrouvé un travail un mois après le début de sa période de chômage n'est pas pertinente dans ce contexte.
 
Partant, la caisse intimée était fondée à suspendre le droit du recourant à l'indemnité de chômage.
6.4 Quant à la durée de la suspension, elle n'apparaît pas critiquable.
7.
Manifestement infondé, le présent recours doit être rejeté selon la procédure simplifiée de l'art. 109 al. 2 let. a LTF, sans qu'il soit nécessaire d'ordonner un échange d'écritures. Succombant, le recourant supportera les frais judiciaires (art. 66 al. 1 LTF).
 
Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce:
1.
Le recours est rejeté.
2.
Les frais de justice, d'un montant de 500 fr., sont mis à la charge du recourant et sont compensés avec l'avance de frais, qu'il a versée.
3.
Le présent arrêt sera communiqué aux parties, au Tribunal administratif du canton de Vaud, à l'Office régional de placement X.________ et au Secrétariat d'Etat à l'économie.
Lucerne, le 25 juin 2007
Au nom de la Ire Cour de droit social
du Tribunal fédéral suisse
Le Président: La Greffière:
 
 
 
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